Nouvelles du front (1)
SLC Salut les copains !
Non vous ne rêvez pas, quelque chose à effectivement changé sur ce blog… mais quoi… La déco ? La coupe de cheveux ? Les pandas ? Bien vu ! Plus de pandas ! Bel et bien partis, j’ai arrêté le militantisme WWF au profit de ma sauvegarde personnelle (vous n’avez pas idée du nombre de menace de mort et de déshéritement j’ai dû essuyer… les parents peuvent se montrer très persuasifs sur certains sujets).
Vous en avez bavé, admettez le ! Peut être autant que moi maintenant, à la recherche d’un sujet magique qui pourrait résumer tout ce qui s’est passé dans mon écosystème en deux mois. Un super condensé d’aventures incroyables et extraordinaires, du drama en tube, du soap en sachet, de la vie (la vrai) haute en couleur et diablement bordelique, de la romance à faire pleurer dans les chaumières, du drame, des larmes, des doutes, un début de road movie, un remake de l’auberge espagnole, mais en Chine alors. Mes deux derniers mois, c’est aussi :
- 600 parties de solitaires
- 15 vérifications de ma boite email par jour
- 30 Go de musique ajoutée à ma playlist
- 57 dvd achetés comme on achète des langues de chat à la boulangerie d’à côté
- 10 numéros ajoutés dans mon répertoire téléphonique
- 25 jours de supplice à attendre le retour d’Ulysse en brodant à ma fenêtre comme une malheureuse
- 1 voyage à préparer, impliquant 3 pays et 140 heures de trajet
- 2 fois plus de désordre dans ma chambre
- 2 fois plus de gens dans ma chambre
- 1 année de plus !
Mais comme tout ça reste quand même un peu flou, et que de toute façon je n’ai aucune envie d’écrire un article mono-sujet, on va présenter tout ça sous forme de petits résumés.
Du quotidien d’une étudiante en Chine, ou tout ce qui aurait pu intéresser mes grands parents durant ces trois mois.
Oui bon, je commence par ça, on en parle plus après. Je mange bien, je me porte bien, j’ai une pocheté de petits camarades avec qui on s’amuse comme des fous, je vais à l’école, je fais mes devoirs, et je rappelle à mes colocataire à qui prendrai l’envie de commenter ces deux derniers points que je conserve un droit de censure que je n’hésiterai pas à mettre en pratique.
Sérieusement, rien de super palpitant (si on enlève le fait d’être en Chine, j’ai toujours régulièrement des moments de lucidités où je réalise ce qui se passe, comme des petites montées d’adrénaline).
J’ai été pas mal malade, et suis restée quelques semaines en contact journalier avec mon médecin (je peux d’ailleurs désormais vous raconter toute sa vie et vous parler du système médical israélien sans aucune hésitation, j’ai une parfaite maîtrise du sujet.) D’ailleurs, il est trop chouette ce médecin, il est en quelque sorte mon héros : il travaille tous les jours de 8h à 22h, rapplique au moindre coup de téléphone, m’accompagne à la pharmacie pour choisir mes médocs, me demande des nouvelles de ma santé dès qu’il me croise (même le 31 au soir, dans un pub, un peu alcoolisé)…
Bref, je suis vivante, mais pas d’inquiétude, j’ai un mois de voyage itinérant au tiers monde pour me rattraper (palus, malaria, mal d’altitude,… tout plein d’occasion je dis !)
Noël et cotillons en Chine…
Bah ça, je m’en serait bien passé ! Les fêtes de fins d’années en Chine, c’est grosso modo comme en France, en pire. Plus de kitch, plus de pub, plus de déco, et au final, plus rien de ce qu’on aimait bien à la maison. Ici, Noël n’est qu’une appellation folklorique de la célébration du consumérisme à l’occidental (« Youpi ! Fêtons Noël, on pourra jouer aux américains et acheter un sapin de Noël à Carrefour pour faire Comme Si ! »). Je tiens à préciser que je désigne ici qu’une partie minime de la population chinoise, mais qui représente 90% des gens vivant dans mon quartier, j’ai nommé la classe moyenne, embourgeoisée, tape à l’œil et assez agaçante au final.
L’apothéose fut certainement le 24 décembre au soir. Début de soirée sympathique en compagnie de San, Loïc, et sa petite amie Cécile (oui, y’en a qui font le déplacement). Vers 23 heures, nous décidons à l’unanimité d’aller nous promener un peu sur la place centrale de la ville (celle avec la grande statue de Mao), et partons en ensuite en quête de l’église catholique du coin pour la messe de minuit, pas vraiment par conscience religieuse pour ma part, mais histoire de retrouver un peu d’authenticité dans ce monde de vendu. Grossière erreur ! Imaginez : la moitié des gens présents étaient venus prendre des photos à côté de la statue de la Vierge Marie, de la crèche ou du robot Père Noël qui se déhanchait sur Jingle Bells dès que quelqu’un passait devant lui. Quelques personnes étaient même déguisées (dont une qui portait des petites cornes de diable clignotantes dont la portée blasphématoire devait lui échapper). Au final, la messe de minuit m’a fait penser davantage à la grande parade de Noël d’Eurodisney qu’à un office religieux.
La première partie de l’article s’arrête là. Il est 4 heures du matin à l’heure où j’écris cet article, et je pars demain matin (enfin, dans deux heures) pour une semaine de voyage dans l’ouest du Sichuan. Bien entendu, mon sac n’est pas prêt. Je reporte donc la fin de cet article à dans une semaine. Au programme :
- La préparation du voyage au Tibet
- Les tribulations de la colocation
- Mes 20 ans
- Le récit de la première semaine de voyage
Et tenez vous bien… des photos !